Sommet enneigé au-dessus d’une forêt de mélèzes

À contre-courant

Depuis 2015, nous avons choisi de nager à contre-courant. D’être des praticiens du droit hors normes. D’avoir fait preuve d’indépendance lorsque la profession se consolidait, de nous être montrés combatifs lorsqu’elle se faisait prudente et bâtisseurs quand elle se contentait parfois d’exécuter.

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Les mots qui suivent présentent les origines du cabinet, la direction qu’il prend et la manière dont sa pratique s’est enrichie par des refus.

Au commencement

2015, à Aix-en-Provence.

Une ville antique, couchée sous le soleil et contre la Sainte-Victoire. Pas de port, ni d’aéroport. Aucun immeuble de verre ne dépasse les clochers. Du tourisme, quelques commerces, beaucoup d’universités. Les cabinets d’avocats ont des tomettes et de hauts plafonds. L’industrie est loin. Même le train n’y pénètre pas, ou de loin.

C’est l’endroit idéal pour bâtir un cabinet d’affaires !

Telle était notre conviction lorsque nous avons posé la première pierre d’un cabinet qui puisera dans l’esprit de la ville le sens de la tradition et dans sa géographie la force de son originalité et l’intensité de ses innovations.

Dès l’origine, nous avons fait le choix d’être une boutique à la fois indépendante et exigeante, où la clientèle est choisie. Le modèle excluait, par principe, la croissance pour la croissance, les robinets de mandats institutionnels et la culture du volume. Il débouchait, en revanche, sur des liens de confiance, des relations uniques avec les dirigeants qui acceptaient un accompagnement particulier, sur des missions de plus en plus sensibles.

Puis le siècle nous a rattrapés. Il nous était impossible de rester indifférents au contexte économique, qui ressemblait moins à un marché qu’à un théâtre de guerre, où les géants, les plateformes puis les intelligences artificielles n’ont cessé de conquérir des marchés par la prédation et l’illicite, laissant derrière eux des professionnels, des consommateurs et des institutions désorientés, victimes directes de pratiques hostiles. Nous y sommes allés.

Nos combats

  • 01Deux mille cinq cents taxis contre le géant Uber.
  • 02Des victimes de l’incendie d’OVH, des actionnaires d’Orpéa.
  • 03France Digitale contre Apple.
  • 04Des milliers de communes contre les pratiques de Booking et d’Airbnb.
  • 05Cent vingt marques de textile et dix-neuf fédérations contre Shein.
  • 06Des éditeurs de presse et de livre contre les fournisseurs de modèles d’intelligence artificielle.

Le tout sans jamais faire l’économie d’une réflexion théorique et associative. En 2021, nous avons fondé l’Institut de Guerre Économique et Juridique, et multiplié les publications dans la presse généraliste et spécialisée.

Depuis quelques années, nous gonflons d’air le poumon économique français, pour qu’il retrouve sa souveraineté. Nous travaillons pour importer en France une culture du contentieux collectif qui n’avait pas encore de nom, et dont nous avons fait notre signature.

Ce que nous refusons

Bâtir, c’est aussi faire des choix. C’est se nourrir d’un certain nombre de refus qui enrichissent notre pratique par réduction et forgent notre identité.

  1. 01

    Nous n’aurons jamais de mandants institutionnels.

    Pas de banques, d’assureurs, de fonds, de plateformes. Nous préférons défendre ceux qui ont leur nom sur la porte : les dirigeants, les entrepreneurs, les groupes familiaux et les ETI. Certes, cette règle nous interdit le segment le plus lucratif du marché du droit, mais nous garantit l’essentiel, c’est-à-dire notre indépendance.

  2. 02

    Nous ne pratiquons pas le capitalisme de connivence.

    Aucun mandat croisé, pas de partenariats d’apparat, d’arrangements de place. Nos contradicteurs ne changent pas au gré des opportunités et nous tenons parole jusqu’au bout lorsque le dossier l’exige.

  3. 03

    Nous ne vendons pas de solutions sur étagère, mais pratiquons le sur-mesure.

    En droit comme en couture, il existe du prêt à l’emploi. Des solutions interchangeables d’un client à l’autre. Nous n’en vendons aucune. Chaque transmission, chaque restructuration, chaque fiducie, chaque commandite familiale s’appuie sur la situation réelle et particulière d’un dirigeant, de sa famille, de ses associés ou de ses adversaires.

    Évidemment, cela requiert du temps les premiers jours. Mais les fondations résistent mieux lorsqu’elles ont été approfondies et que se lèvent des vents contraires.

  4. 04

    Nous ne facturons pas à l’heure.

    Nous facturons plutôt une mission, un résultat, un risque partagé. Le client sait toujours ce qu’il paie avant de commencer, et nous portons une part du risque avec lui. Nous préférons toujours gagner avec nos clients.

  5. 05

    Nous n’attendons pas que le client vienne à nous.

    Nous ne sommes pas un guichet. Lorsque nous identifions une pratique abusive, systémique, une réglementation qui va frapper un secteur, une faille, nous construisons l’action parfois même avant que ceux qu’elle concerne ne l’aient formulée.

  6. 06

    Nous refusons de garder jalousement notre savoir-faire.

    Notre modèle est fondé sur la transmission. Chaque samedi, une quinzaine d’étudiants sélectionnés et accompagnés d’un avocat conseillent gratuitement des entrepreneurs à la Clinique du Droit des Affaires. C’est l’occasion de leur transmettre quelques réflexes, l’amour de l’éloquence, l’utilisation raisonnée de l’intelligence artificielle et, plus généralement, le goût de l’aventure. Quatre premiers secrétaires de la Conférence exercent dans nos murs. Quatre maîtres de conférences contribuent à asseoir théoriquement nos solutions. Celui qui nous rejoint est un musicien qui connaît son solfège.

  7. 07

    Nous n’attendons pas qu’un éditeur rende son logiciel obsolète.

    Un cabinet qui dépend des outils conçus pour la moyenne du marché subit la feuille de route de ses fournisseurs, donc celle de ses concurrents, qui utilisent les mêmes. Actionnaires de sept legaltechs, nous avons conçu nous-mêmes notre propre outil de gestion, notre infrastructure technologique ouverte et nos outils dédiés que nous mettons au service de nos clients.

Notre avenir

Trois ères se sont succédé dans le rapport du droit à la technologie.

D’abord

L’ère de l’accès

Où la machine donnait la norme à lire.

Ensuite

L’ère de la propagation

Où elle la diffusait sans la comprendre.

Qui commence

L’ère de l’imbrication

Où l’intelligence artificielle produit du droit, en négocie, en exécute et où la donnée devient le front politique central.

L’intelligence artificielle fonctionne comme une imprimerie liquide. Elle rebattra la production du droit comme Gutenberg a rebattu celle du savoir.

Dans ce contexte, le cabinet doit poursuivre sa construction pour faire face aux grands défis de demain. Face à la vague qui arrive, il doit continuer à cultiver ses différences, à nager à contre-courant. À la grande uniformisation du monde, nous opposons notre atypisme, les talents de nos équipes. Nous opposons notre écurie, notre clinique, notre restaurant. Nous proposons une filiale dédiée à la fiducie. Nous prenons des participations dans les outils qui feront le métier de demain. Un système propre, finalement, dans lequel le savoir circule et par lequel les meilleurs juristes se révèlent. Les clients, en ouvrant une seule porte, trouveront tout ce dont un dirigeant a besoin quand l’orage arrive. À Aix-en-Provence, à Paris ou à Bruxelles, et plus généralement partout où nous serons utiles.

Silhouette sur une crête face à un sommet dans la brume

Demain plus que jamais, il faudra protéger le dirigeant autant que son entreprise.Le monde qui vient exposera personnellement ceux qui décident. Leur réputation, leur patrimoine, leur liberté seront menacés. Nous les aiderons à tenir debout quand tout vacille.

Pour conclure

Aux nouveaux associés qui nous ont rejoints et à ceux qui le deviendront :

c’est une responsabilité de bâtisseur. Votre nom est désormais dans la pierre, comme les architectes des vieux immeubles. À vous de prendre des risques !

Aux étudiants en droit qui s’interrogent.

Qui hésitent entre l’excellence académique et la pratique, entre la culture générale et la technique, entre l’humilité et l’ambition. Ne désespérez pas. Nous sommes peut-être à votre recherche. La Clinique et l’Écurie 1134 vous sont ouvertes. Venez le samedi, vous saurez vite si cette maison est la vôtre.

Aux entrepreneurs :

vous êtes la raison d’être de ce cabinet. Vous portez seuls le risque, nous savons vos nuits intranquilles. Nous vous dirons parfois ce que vous n’avez pas envie d’entendre, mais nous resterons toujours à vos côtés. Dans vos chutes, comme dans vos ascensions.

Sans intensité, pas de victoire.

Pour le cabinet, Cédric Dubucq et Anthony Roustan
Robes d’avocats suspendues dans le couloir du cabinet

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